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Dernière mise à jour : 23 novembre 1997.

Analyse Fonctionnelle

et

Communication

Recruter en intelligence économique

Un texte de Alain Bouvet

LA SOLUTION -- DES EQUIPES MULTI-DISCIPLINAIRES (INGENIEURS et DOCTEURS) DANS L'INDUSTRIE

D'après l'expérience américaine, l'intelligence économique est liée à l'interaction de quatre groupes de personnes :

  1. les "bibliothèquaires" qui recueillent les informations provenant de sources diverses, et les cataloguent,
  2. les "experts des technologies de l'information" qui traitent les informations recueillies afin qu'elles soient accessibles facilement et diffusées rapidement,
  3. les "experts dans des champs de compétences précis" qui analysent les informations et en extraient les éléments utiles, chacun dans leur champ de compétences, "Knowledge Workers",
  4. les "assistants" qui communiquent de façon succinte l'information provenant des experts aux différents décideurs.

Les ingenieurs, et formations spécialisées, remplissent très bien les deux premières fonctions tandis que les scientifiques sont recherchés pour les fonctions 3) et 4) comme l'illustre ces profils de postes de 1993 et 1995.

Pour etre concurrentielle, la France va donc devoir se lancer rapidement dans l'exploitation de l'information comme outil de compétitivité. Ayant des ingénieurs et documentalistes bien formés, il n'y a aucun problème pour les groupes 1) et 2) (bibliothécaires et experts en technologies de l'information). Les groupes 3) et 4) peuvent être développés rapidement et efficacement par des scientifiques de haut niveau, qui seraient bien adaptés à ce type de travail en entreprise.

En effet, quelle est la formation type d'un docteur en Sciences? Après avoir obtenu un niveau de connaissances (bac + 5) Ingénieur ou DEA, il passe ensuite un minimum de trois ans dans un laboratoire.
On lui délivre alors, bien qu'il n'ait plus mis les pieds dans un amphithéatre, un diplôme universitaire, qui valide tant la valeur de ses travaux que la communication orale et écrite qu'il a su en faire.

Que fait-il durant 3 ans? Avant de se lancer dans son projet, il doit recueillir toutes les informations intéressant son secteur d'activité dans le monde entier, afin d'en dégager les zones d'ombre. Il doit ensuite formuler un projet permettant de lever un coin du voile et continuellement se tenir au courant des progrès dans le monde entier. Il est donc en veille technologique permanente et reconnait du premier coup d'oeil une information nouvelle et pertinente !

Pour son projet, au cours duquel il cumule les fonctions, il gère délais et budget (souvent restreints...). Il communique l'avancement de son projet, publie ses résultats, explique ce qu'il fait et doit convaincre de ses conclusions, tant à des fins de reconnaissance que de recherche de financements. Il travaille de longues heures, le soir et les week-ends.

Le travail de laboratoire étant des plus rigoureux, le débutant qu'il était en début de projet doit continuellement réévaluer ses méthodes et réorienter ses activités.
L'avancement du projet mettant à jour de nombreuses incertitudes scientifiques ou techniques, il doit rechercher des complémentarités dans ses collaborations.

Avant d'occuper un poste permanent, on lui demande souvent d'effectuer une mission à l'étranger, appelée "stage" post-doctoral. C'est une véritable expérience professionnelle acquise en CDD, car il doit mener seul un projet, toujours sur la base de budgets et délais restreints. La communauté scientifique étant de ce fait internationale, il se doit de maîtriser l'anglais et a l'habitude de cotoyer des personnes venant du monde entier.

Leurs débouchés traditionnels : enseignant-chercheur en Université et Grandes Ecoles d'Ingénieurs, chercheurs en laboratoires publics. Il n'y a qu'un pas de cette fonction à celle qui demande d'expliquer et de communiquer et qui nécessite un grand esprit de synthèse.

En résumé, des personnes autonomes, ayant l'habitude de travailler dans un cadre fixe de temps et d'argent, bilingues, tournées vers l'international, maîtrisant déjà les outils de veille technologique, intéressées par la communication scientifique, toujours prêtes à intégrer de nouvelles connaissances devraient être très bien accueillies dans les entreprises, en complémentarité des ingénieurs.

Mais cette "formation-expérience" est méconnue, les universités, laboratoires de recherche publique, écoles d'ingénieurs et EPST les ayant jusqu'à il y a peu intégralement absorbées. Or nous pouvons nous enorgueillir de "sortir" 10 000 docteurs par an, dont seuls 10 % sont aujourd'hui recrutés dans ce qui fut jusqu'à ce jour leur voix naturelle.

Les entreprises, Chambres de Commerce et autres organismes ont donc en main tous les atouts pour relever le défi en intégrant ce formidable réservoir de connaissances et de compétences. Objectif : assurer une veille technologique de qualité en collaboration étroite avec les ingénieurs et documentalistes.



Compléments sur l'intelligence économique, du même auteur :
Notes de lecture
Le retard de la France



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