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Dernière mise à jour : 23 novembre 1997.

Analyse Fonctionnelle

et

Communication

Veille technologique et intelligence économique


Un texte de Alain Bouvet

L'INFORMATION EST LA RESSOURCE LA PLUS IMPORTANTE DE L'ENTREPRISE POUR FAIRE FACE A LA CONCURRENCE.


Aux Etats Unis

Aux Etats-Unis, ceci est une réalité.

Dans leur livre "Managing Information Strategically. Increase your company's competitiveness by using information as a strategic tool. Ernst & Young Management Series, John Wiley & Sons, Inc, 1993." James McGee et Laurence Prusak ont très bien analysé la situation.

"En l'espace de 25 ans, les entreprises ont effectué la transition d'une économie industrielle à une économie basée sur l'information. L'information est source de création de richesse et de prospérité et les entreprises qui étaient habituées à gagner du seul fait de leur taille on été éliminées par d'autres compétiteurs plus habiles dans leur utilisation de l'information."

"Beaucoup de compagnies sont déjà sensibilisées mais, le plus souvent se sont contentées de développer l'aspect technologique de la communication d'informations."

"L'information est une ressource plus importance que la main d'œuvre ou le capital, et doit faire partie intégrante de la structure et de la stratégie globale de l'entreprise."

Dans la première partie du livre, le rôle du traitement actif de l'information comme outil de compétitivité est examiné, ainsi que le développement de compagnies offrant l'information comme produit.

Dans la deuxième partie, les auteurs parlent de la gestion de l'information. Ils en dégagent trois axes principaux :

Différents modèles sont suggérés, prenant en compte l'organisation et la culture propre de chaque entreprise.

Dans la troisième partie, l'intégration de l'information dans la stratégie globale de l'entreprise est discutée ainsi que l'importance primordiale de la formation permanente.

La procédure recommandée est la suivante :

Le système d'information dépend directement de la direction générale et est intégré dans l'organisation de l'entreprise.

Il y a eu beaucoup de progrès techniques dans la cueillette et la transmission d'informations mais ce qui n'a pas changé c'est le temps limité que chaque manager peut consacrer à l'étude de l'information nécessaire à la prise de décision.

Il est donc inutile de vouloir donner toute l'information, tout le temps, à tout le monde. La bonne information, à la bonne personne, au bon moment doit être le but recherché pour une utilisation efficace de cette information.

Ce système fonctionne bien par l'interaction de quatre groupes de personnes :

  1. les "bibliothéquaires" qui recueillent les informations provenant de sources diverses, et les cataloguent,
  2. les "experts des technologies de l'information" qui traitent les informations recueillies afin qu'elles soient accessibles facilement et diffusées rapidement,
  3. les "experts dans des champs de compétences précis" qui analysent les informations et en extraient les éléments utiles, chacun dans leur champ de compétences, "Knowledge Workers",
  4. les "assistants" qui communiquent de façon succinte l'information provenant des experts aux différents décideurs.


En France

En France, le rôle de l'information en entreprise est encore mal perçu.

Dans deux articles récents, (Intelligence Economique : du réveil à l'action - Georges Margossian - Le Figaro Economie, lundi 28 octobre 1996 et L'intelligence économique est un outil stratégique encore mal perçu par les entreprises - Marie-Beatrice Baudet - Le Monde, mercredi 27 novembre 1996), on estime que la France a un retard de 15 ans dans ce domaine par rapport aux Etats-Unis, au Japon, à la Grande-Bretagne ou à la Suède.

Voici un résumé de leur commentaires :

Des idées fausses circulent à ce sujet : l'assimilation à de l'espionnage, alors que 90 % de l'information est disponible et accessible légalement, la croyance d'une utilité seulement pour des entreprises de grande envergure, et l'assimilation à un concept "intello" sans aucune application pratique (M-B.B.).

Un rapport existe sur le sujet depuis 1994, rédigé par Henri Martre (ex-PDG d'Aérospatiale). "Intelligence économique et stratégie des entreprises". "De nombreuses PME et PMI, épaulées parfois par les Chambres de Commerce et d'Industrie, s'y intéressent également et se regroupent au sein d'associations pour faire de l'intelligence économique un véritable outil de management stratégique" (M-B. B.)

"L'information est partout. Profusion d'études scientifiques, de journaux, de fichiers, de rapports, de banques de données, etc. Incontrolable mais disponible. Trop dense pour être immédiatement utilisable. Il s'agit désormais pour les entreprises de saisir les bonnes informations avant de prendre une décision. La révolution consiste donc à maîtriser l'information et surtout à s'en donner les moyens. C'est le nouvel enjeu du XXle siècle" (M.G.)

"Roland Meyer (TRAVERSES) propose ainsi de mettre en place dans les entreprises de petites équipes formées de deux ou trois personnes capables de faire des propositions après avoir réalisé des études prospectives. Les PME les plus exposées à la concurrence internationale en ressentent d'ailleurs le besoin." (M.G.)

"Emmanuel Pateyron, conseiller scientifique à l'lnstitut du Management à EDF : "Les spécialistes de demain utiliseront Internet comme n'importe quel autre outil. Leur métier nécessitera un repérage de tous les serveurs susceptibles de leur apporter des informations essentielles". Observer tous les marchés du monde ou presque... nécessite également une excellente connaissance des langues. Les multilinguistes seront les bienvenus." (M.G.)

"Il faut changer les habitudes. Tant que l'entreprise ne prendra en compte que l'aspect productif dans sa recherche d'information, elle sera à la traine. Elle doit posséder un très large champ d'investigation et se sentir capable de répondre à des attaques qui ne sont pas forcement liées à ses produits, avertit Christian Harbulot, directeur adjoint d'Intelco. L'environnement presse les entreprises à revoir leur organisation. Mais les métiers de l'intelligence économique, eux, sont encore virtuels." (M.G.)

"Henri Martre, maintenant membre du Comité pour la compétitivité et la sécurité économique, rattaché au Ministre de l'Economie et des Finances, se penche aujourd'hui sur la circulation de l'information au sein des administrations. L'objectif est de créer un circuit, un véritable réseau auquel les entreprises pourront avoir accès." (M.G.)

Gérard Morice, (FUTURS - La France mise enfin sur l'innovation. Science et Vie, 952 /Janvier 1997 p. 150-153) souligne que la France vient d'admettre officiellement son immense retard en matière d'innovation et que quatre mesures devraient resserrer les liens entre les inventeurs et l'industrie.
"La quatrième mesure doit assurer un réel partenariat entre la recherche publique et les PME. Il faut leur donner accès aux informations scientifiques et technologiques." (G.M.)

Un exemple du retard français est celui du secteur de la Bionique. Dans le numéro de Science et Avenir de Février 1996, pp 46-47, on parle de cette science qui recherche chez les animaux et les plantes, des modèles en vue de réalisations techniques avec divers matériaux, mais qui souffre en France d'un manque de communication entre Ingénieurs et Biologistes.

"Yves Coineau, professeur de Zoologie au Musum d'Histoire Naturelle, souligne qu'il serait donc vital de créer en France une cellule vouée au transfert de l'information, car la bionique est une science de dialogue. C'est aux interfaces que se produisent les etincelles !".



Compléments, du même auteur :
Les articles cités
Recruter en intelligence économique



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